COMMUNICATION
DU 26 MARS 2001
de
Monsieur M.
Alain Plateaux
« La
Préfecture du Nord, rue Royale »
La
communication de M. Plateaux fait suite à deux autres
précédemment soutenues en
1981 sur l’hôtel de Wambrechies et en 1987 sur
l’Intendance de la Flandre
wallonne.
Le
bâtiment du 68 rue Royale (qui abrite aujourd’hui
l’évêché de Lille) a été
construit vers 1703 par François Faulconnier, seigneur de
Wambrechies, receveur
des Finances de la Ville. L’Intendance de Flandre wallonne
s’y installe en 1784
et y fait réaliser en 1784-1787 des travaux
d’aménagement et de décoration
selon les plans de Guillaume Couture, architecte du Roi, mis en oeuvre
sur
place par Romain Leplus, secondé en mai 1785 par Michel Lequeux.
Le
Quartier Général s’installe dans
l’hôtel à partir de 1791. Napoléon Bonaparte
y
est reçu le 6 juillet 1803 et le 22 mai 1810. La naissance du
roi de Rome en
juin 1811 est encore l’occasion d’une grande
réception.
Entre-temps
la Préfecture du Nord dont le siège a été
transféré de Douai à Lille par arrêt
du 1er vendémiaire an XIII, s’est logée dans
l’ancien siège de l’Intendance rue
Françoise (actuellement rue Négrier). Et c’est tout
naturellement qu’entre le
31 août 1824 et le 25 juin 1825, à la suite d’un
échange entre le département
et la Ville de Lille, le Quartier Général
s’installe rue Négrier à la place de
la Préfecture, et la Préfecture rue Royale à la
place du Quartier Général.
Le
bâtiment subit alors d’importantes transformations, dont
les plans viennent à
nouveau de Paris sous la direction de l’architecte
Châtillon. Le projet est
approuvé par le préfet le 22 avril 1826 et les travaux
confiés sur place à
Leplus. Le Conseil Général s’inquiète
très vite du montant des travaux et de
l’ampleur du chantier. Une Commission créée le 28
août 1827 remet au préfet (le
comte de Murat) un rapport détaillé le 23 janvier
1828.
M.
Plateaux a pu consulter ce rapport détaillé et en donner
un résumé aux membres
de la Commission. Le bilan financier, d’un montant de 315.000 F.
est le double
de celui prévu initialement. Les architectes cependant
commettent des
imprudences notamment pour la surélévation du 2e
étage de l’aile gauche sans
renforcement des fondations.
Le
8 septembre 1827 Charles X est reçu fastueusement à la
Préfecture. Ce succès
autorise le Conseil Général à voter de nouveaux
subsides. En 1835 l’éclairage
au gaz, innovation apporté en 1827, est étendu dans tout
le bâtiment. En 1839
les calorifères sont installés dans les bureaux. Mais le
plancher du 2e étage
de l’aile Nord s’affaisse dangereusement, ce qui donne lieu
à des travaux de
consolidation en 1854.
Dès
son arrivée le préfet Wallon (1857-1862) songe à
étendre la préfecture. Le
Conseil Général préfère construire un
nouveau bâtiment dans les nouveaux
quartiers de la Ville. Le projet Marteau est approuvé en 1862,
la préfecture
s’installe place de la Républque avec les débuts de
la IIIe République et le
bâtiment rue Royale est mis aux enchères le 23
février 1874.
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M.
Plateaux a été vivement félicité par le
président et par les membres de la
Commission Historique pour la précision de sa communication au
cours de
laquelle l’orateur a présenté des photographies de
documents justificatifs et
de l’état du bâtiment actuel au niveau des combles.
Une discussion s’en suivit,
animée par M. Marchand, M. Berger, Melle Lesage, M. Schaeffer,
M. Janssen, M.
Sivéry, M. Milot où l’on évoqua les rapports
entre le Préfet et le Conseil
Général, la formation des architectes et des corps de
métier au début du XIXe
siècle, l’impact de la guerre de 1870 sur le
déménagement alors en cours de la
Préfecture, les causes de la ruine du château Vandamme
à Cassel.