Sortie foraine à Mouscron

Lundi 29 mai 2006 

Présents :      Mmes, Melles, MM.G. Freitag, J. Dion, T. Lescroart, M. Debersée, M. Delecaut, L. Deleplanque, Y. Henel, C. Depauw, F. Vanderhaegen, B. Schaeffer, F. Vanremortère, M. Delgrange, A. Delqueux, M. Marécaille-Stievenard, C. Lannette, P. Leman, M. Dalmasso, C. Lesage, R. Cleyet-Michaud, G. Janssen, M. Tomasek, Desplats, C. Wallart, M. Vasseur, M. Vangheluwe, P. Marchand,

 

Excusés :       Chanoine Platelle, Dr Gérard, Mmes, MM. F. Boniface, A. Cuvelier, M. Heddebaut, P. Descamps, M. Jeanson, J.-M. Cauchies, A. Delmotte, P. Bréemersch, A. Plateaux, M. Dumont, J.-M. Duvosquel,

 

COMMUNICATION

 M. Pierre Leman

La frontière linguistique : état de la question

 

Depuis un siècle et demi, les historiens débattent de la frontière linguistique, principalement de son origine, de sa chronologie et de sa situation. La bibliographie est à ce sujet immense mais depuis une décennie, l’archéologie apporte des arguments nouveaux, en particulier dans le département du Nord.     

Un état de la question en fut déjà présenté lors d’une séance du XIVe Congrès de l’Union internationale des Sciences historiques et préhistoriques de Liège en 2001 (Leman 2001). Depuis, les découvertes archéologiques, à Pitgam et à Roubaix, en particulier, ont apporté une documentation nouvelle.

L’ouvrage du savant belge Maurits Gysseling est le fruit d’une vaste étude des lieux-dits du Nord de la France, de la Belgique, de l’Allemagne et du Luxembourg. Un résumé commode en a été donné dans un article de la Revue du Nord de 1962. Quelles sont les thèses de l’auteur ? Les parlers germaniques ont une longue histoire, constituée de plusieurs niveaux. Le plus ancien serait composé d’éléments qu’on pourrait appeler le « vieux germanique ». S’ensuit une période spécifique due à la présence romaine à laquelle succède dès le Ve s. de notre ère, un temps de forte germanisation. Puis, peu à peu, le reflux s’est installé et - en raison de circonstances diverses - la frontière a reculé dans le département depuis une ligne Montreuil-Béthune jusqu’à la Lys, en amont d’Armentières. Au-delà, un parler germanique, au deçà, un parler roman. Mais, à la même époque, Jean Stengers, professeur à l’Université Libre de Bruxelles publie un essai intitulé La formation de la frontière linguistique en Belgique ou de la légitimité de l’hypothèse historique. On y lit en particulier que le bilan des diverses hypothèses (celle en particulier de son collègue Jan Dhondt) est trop maigre pour être crédible, en rappelant en particulier que seulement dix-huit lignes de textes entre César et Grégoire de Tours ont trait directement au sujet. Mais la critique n’est pas uniquement négative et l’auteur rappelle que le débat peut être relancé à partir de nouvelles sources, l’archéologie en particulier. Pour le département du Nord, qu’en est-il actuellement ? Au préalable, une donnée importante historiographique doit être soulignée. Les travaux de Verlinden, Dhondt, Stengers et Gysseling sont publiés au moment où l’archéologie médiévale française connaît un important retard par rapport à l’Allemagne et à l’Angleterre et ne peut être guère sollicitée. On ne connaît pas, par exemple, la céramique domestique de l’époque franque en particulier. Les méthodes de fouilles sur le terrain ne sont pas satisfaisantes et il n’est pas possible de détecter les empreintes des trous de poteaux des cabanes mérovingiennes. On ne connaissait alors que de grandes nécropoles (Bouvines, Esquermes, Avesnelles, Ferrière, Locquignol, etc…) mais jamais les habitats correspondants. A croire que nos ancêtres avaient vécu dans des sarcophages ! Depuis quarante ans, les progrès ont été acquis et l’archéologie a maintenant droit au chapitre. Les hypothèses selon lesquelles un limes belgicus, ligne de fortins romains établis au IVe s. de notre ère aurait servi de fondement à une frontière linguistique sont à présent abandonnées, de même que celle relative à une forêt charbonnière implantée d’est en ouest jusqu’au nord de Liège. Notre collègue lorrain, Alain Simmer, en se fondant sur l’analyse très fine de la répartition des cimetières mérovingiens des VI et VIIe s. (en rangée, avec ou sans sarcophage), a montré que les gisements les plus denses se trouvaient bien en deçà de la frontière linguistique. De même, dans le département du Nord, le secteur le plus riche en lieux-dits d’origine germanique est précisément le plus pauvre en sites mérovingiens. Il faut donc se résoudre à abandonner la date traditionnelle de 406, date de l’arrivée de plusieurs peuples venus de Germanie et aborder franchement l’idée d’un flux beaucoup plus ancien. On notera, en outre, une autre avancée de l’archéologie, celle des « marqueurs » des peuples conquérants (bijoux, armes, et mêmes caractères anthropologiques). Reportés sur une carte, leur répartition correspond bien aux principaux axes de pénétration relevés dans les textes (citons à ce sujet l’exemple des Francs bien repérés de cette sorte en Thuringie par les archéologues du musée de Weimar). Ainsi, Patrick Perrin a pu retracer l’avancée des Francs dans le Nord de la Gaule au Ve s. selon un axe situé bien à l’est des zones aux parlers germaniques (Direction Tournai – Cambrai - Soissons). Deux chercheurs belges, Danny Lamarcq et Marc Rogge proposent ainsi une installation germanique dès le IIIe s. de notre ère, militaire avec implantations de garnisons de soldats d’origine germanique, rurale avec la mise en culture de terres pauvres par de nouveaux immigrants.

                        Ces dernières années, les archéologues ont mis au jour des tessons de céramiques à Pitgam, à Roubaix ensuite, dont la facture, les décors relèvent d’une évolution plus lente par rapport aux échantillons découverts au sud de Lille, à Seclin en particulier et qui sont à rapprocher des productions bataves de Zélande.  Nous aurions donc ici une trace ténue d’une frontière - disons une marche - de civilisation est-ouest qui correspond au tracé de la frontière linguistique.

                        Nos collègues suisses, lorrains, et bretons ont également identifié de leur côté des différences matérielles de part et d’autre d’une frontière linguistique. Le recours constant aux textes, la multiplication des fouilles archéologiques de plus en plus précises renouvellent l’étude de la frontière linguistique, avec des avancées timides certes, mais qu’il convient de faire connaître. Des incursions des Cimbres et des Teutons du IIe s. av. J.-C. jusqu’aux incursions normandes du IXe s., l’imprégnation germanique des terres septentrionales s’est faite lentement avec le long répit de l’époque romaine et les moments forts du Ve s. Cette frontière n’avait pas le caractère tranché qui caractérise notre époque : les franges étaient floues chez des peuples souvent bilingues. Ainsi, près de Cysoing, sur le plateau où a lieu la bataille de Bouvines, la dénomination de la rivière principale, la Marque, relève d’un répertoire germanique tandis que son petit affluent, le Gland, trahit une référence celte. Chez les Nerviens, à Bavay, une inscription découverte récemment livre un nom de notable local d’origine germanique. Oeuvre très lente des siècles, marche ethnographique et linguistique à l’époque romaine, cette frontière a quand même un tracé à peu près régulier, qui ne tient compte ni des reliefs ni des cours d’eau. On se contentera, pour l’instant des propositions du professeur Lucien Musset selon lesquelles les premières vagues d’envahisseurs germaniques sont restées parallèles au Rhin et au Danube, comme l’atteste leur tracé, de la mer du Nord aux confins du pays magyar.

Annexe A

                        « Mais je crois, et je crois fermement, que dans une direction au moins [….], l’histoire peut encore espérer des progrès considérables et à certains égards, révolutionnaires. Elle le fera, je pense – et je m’exprimerai ici en termes volontairement brutaux – lorsque des hommes dépourvus de respect paralysant pour leurs prédécesseurs, et armés de solides brosses à racler, débarrasseront les hautes époques du passé (et parfois aussi les époques moins hautes) de l’enduit de généralisations dont on les a recouvertes, et feront apparaître sous l’enduit la réalité authentique : de-ci de-là quelques faits connus, séparés par des vides immenses »

                                (J. Stengers, La formation de la frontière linguistique…p. 52)

 Annexe B

                        « Toutefois, si à toutes les questions que pose l’archéologie, on ne peut que rarement apporter une réponse assurée et complète, il faut reconnaître que nos incertitudes même nous font pénétrer assez profondément dans le détail de la vie antique et que chacune d’elles marque un progrès. L’accord ne règne pas toujours entre les archéologues mais leurs hypothèses et les discussions qu’elles suscitent n’en mettent pas moins en lumière bien des faits qui méritent d’être connus ; elles ouvrent la voie à de nouvelles recherches et souvent à des découvertes. Et je me rappelle un sujet de dissertation philosophique qui, dans ma jeunesse, me combla de stupéfaction : « la science n’est qu’une suite d’approximations et d’erreurs ». Il en est de l’archéologie comme des autres sciences, on n’approche de la vérité que par tâtonnements »

                     A Grenier, Les incertitudes de l’archéologue, Mélanges Georges Jamati, 1952, p. 129) 

                      L’orateur émit en conclusion un vœu en faveur de la protection des lieux-dits mentionnés par les cartes IGN, à l’heure de l’utilisation grandissante des cartes transmises par les réseaux électroniques. 

                Prirent ensuite la parole M. Marchand (où en est le limes belgicus ?), M. Depauw (Les péripéties des Fourons), M. Desplats (la puissance germanique).

 

Claude Depauw

La Société d’Histoire de Mouscron et de la Région
dans le milieu des cercles historiques en Belgique, en Wallonie et en Hainaut
Archiviste de la Ville de Mouscron

 

                        Entre voisins qui, comme c’est si souvent le cas, ne se connaissent pas autant que le laisserait supposer leur proximité géographique, j’estime qu’il est nécessaire que l’orateur se présente lui-même au public, qu’il déroule, sans modestie et à la première personne, un curriculum vitae, qu’il maintiendra quand même sous l’angle du métier, de la profession et du lieu où elle s’exerce. C’est un exercice que l’historien pratique rarement, ou alors à l’extrême fin de sa carrière, ce dont lui saura gré le rédacteur d’une éventuelle notice biographique.

                        Et pourtant, dans le cas du présent exposé, n’est-il pas utile d’en savoir un peu plus à propos de la place de l’orateur par rapport au sujet qu’il prétend aborder en toute connaissance de cause ? C’est ce que je me propose de faire dans une première partie. La poursuite de ce cheminement personnel me permettra ensuite de caractériser les sociétés d’histoire en Belgique, en Wallonie et en Hainaut en évoquant les organismes qui structurent quelque peu ce milieu multiforme, foisonnant d’initiatives et peuplé de bénévoles volontaires. Enfin, je terminerai par un bref panorama des activités habituelles d’un cercle d’histoire, à travers l’exemple de la Société d’Histoire de Mouscron et de la Région.

                        Depuis le 3 décembre 1979, je dirige les archives communales, un nouveau service de l’administration communale de Mouscron auquel j’ai donné le nom, pour le public, d’Archives de la Ville de Mouscron. Mon activité professionnelle m’a amené à rédiger inventaires et articles ainsi qu’à communiquer sur les fonds que je conserve. Mon travail à Mouscron a connu deux éclipses archivistiques : de décembre 1980 à septembre 1981, j’effectue mon service militaire au Classement central de l’hôpital militaire de Bruxelles à Neder-Over-Hembeek ; de juin 1997 à septembre 2000, je suis attaché aux Archives de l’état à Mons, ce qui me permet de suivre en avril-juin 1998 le Stage technique international d’archives des Archives nationales à Paris. Jusqu’il y a peu, il s’agissait d’un rare parcours d’archiviste municipal en Belgique, et plus encore en Wallonie. Mais la situation s’améliore depuis quelques années dans la partie francophone du pays. En témoigne la fondation le 5 novembre 2005 à Namur de l’association sans but lucratif Association des Archivistes Francophones de Belgique, dont je suis un des fondateurs et à laquelle je participe comme administrateur. Ce parcours professionnel se base sur une formation universitaire, une licence en histoire délivrée par l’Université Catholique de Louvain où j’ai eu comme maîtres les professeurs Michaux, Genicot, Ruwet, Bruneel, Aubert, Lory. En octobre 1979, je suis diplômé avec un mémoire de fin d’études sur les dénombrements fiscaux dans le Tournaisis entre 1591 et 1601. De par mon métier d’historien, il m’arrive encore de rassembler les sources et la bibliographie d’un sujet, de dépouiller les archives s’y rapportant, de publier les résultats de mes recherches. En un quart de siècle, je compte plus d’une centaine d’articles, de participations à des ouvrages collectifs, d’éditions, ainsi qu’une quarantaine d’exposés et de communications. Mon entrée dans l’administration communale s’est faite sous la houlette du directeur d’administration, Robert Vandenberghe, un dessinateur sorti du rang qui était aussi la cheville ouvrière de la toute jeune Société d’Histoire de Mouscron. Celle-ci avait été fondée un an plus tôt, en novembre 1978, par des érudits locaux qui avaient ressenti la nécessité de s’unir suite à la fusion, le 1er janvier 1977, des communes de Dottignies, Herseaux et Luingne avec Mouscron. Robert Vandenberghe avait monté la première exposition de la Société avec quelques tableaux de trois peintres locaux et une collection de cartes postales présentés dans la salle du conseil de l’hôtel de ville. L’exposition fut inaugurée le samedi 1er décembre 1979 et mon premier jour de travail fut le lundi 3 décembre. Mes fonctions auprès des archives municipales et ma formation universitaire, absente des érudits locaux, m’ont obligé à prendre des responsabilités au sein de l’association, à dépasser le stade du simple membre cotisant pour celui de membre actif. Je suis donc devenu président de la Société d’Histoire de Mouscron et de la Région à l’occasion de sa constitution en association sans but lucratif le 10 décembre 1981. Mais président "par la petite porte" en raison du refus de certains anciens, pourtant confortablement élus, d’accepter un poste d’administrateur. Après bientôt vingt-cinq années de présidence, bien plus que président, je suis devenu un "permanent" sans lequel l’association aurait bien du mal à survivre. C’est le triste sort de nombreux cercles dépendant beaucoup trop de l’activité d’un nombre restreint de personnes. Il m’a été donné de voir ce constat alarmant s’étendre à d’autres associations parce que je suis aussi administrateur de deux associations sans but lucratif attachées à la sauvegarde du patrimoine. Membre fondateur en 1984 de Patrimoine Industriel Wallonie Bruxelles, j’en suis devenu l’un des administrateurs le 5 avril 2003 et depuis le 26 mars 2003, je suis également administrateur de Wallonia Nostra. Mes fonctions d’archiviste municipal, d’historien local, de président et administrateur de cercles à caractère historique et patrimonial m’ont permis de parcourir les cercles concentriques du milieu des associations historiques, qui s’étend du niveau local à l’échelon régional et national. Après l’érudit isolé, après le membre actif d’un cercle local, vient le niveau suivant. Depuis 1984, la Société d’Histoire de Mouscron adhère à Hannonia. Centre d’information et de contact des cercles d’histoire, d’archéologie et de folklore du Hainaut [1], un groupement d’associations à caractère historique de la province de Hainaut, fondé à Mons le 30 novembre 1974 pour susciter des contacts étroits entre ses adhérents, pour multiplier les informations et les échanges dans un but d’enrichissement mutuel, dans le respect de l’autonomie de chacun des cercles. À partir de 1984, j’ai suivi assidûment les assemblées semestrielles et les activités telles que les expositions itinérantes [2] ainsi que les publications des Analectes d’histoire du Hainaut dont neuf tomes ont paru depuis 1983 [3]. Cette implication dans le milieu hainuyer des cercles d’histoire locale a débouché cinq ans plus tard sur une nouvelle activité. Le 14 octobre 1989, je deviens secrétaire général du Centre Hannonia, reprenant la charge des mains de Jean-Marie Cauchies qui en tenait les rênes depuis sa création en 1974. J’ai passé le témoin le 9 mars 2002 à Laurent Honnoré, docteur en histoire et assistant aux Archives de l’état à Mons. Au cours de la douzaine d’années durant lesquelles j’ai animé ce groupement comptant 48 cercles en 1989, 53 en 2002 et 56 aujourd’hui, dont trois associations du Hainaut français, en organisant les assemblées semestrielles des délégués des cercles, en rédigeant et en expédiant le bulletin d’information trimestriel avec son importante revue de bibliographie dont j’assumais la direction depuis janvier 1988. J’ai participé au montage et aux pérégrinations de l’exposition itinérante relatives aux maisons communales et hôtels de ville. Dans la collection des Analectes d’histoire du Hainaut, j’ai fait éditer la biographie du comte d’Egmont et deux thèses de doctorat relatives au Hainaut, l’une sur les communautés rurales au 18e siècle, l’autre sur la résistance idéologique et politique durant la Seconde Guerre mondiale [4]. Cet engagement auprès des sociétés d’histoire m’a valu de devenir administrateur de l’Association des Cercles francophones d’Histoire et d’Archéologie de Belgique [5] à partir du 26 août 1996. En effet, j’ai été appelé à devenir le secrétaire général du 6e congrès de cette association, qui était aussi le 53e congrès de la Fédération des Cercles d’Archéologie et d’Histoire de Belgique [6]. Ce rassemblement s’est tenu à Mons du 24 au 27 août 2000 à l’initiative conjointe des cercles de Mons, de Soignies et de Saint-Ghislain en collaboration avec le Centre Hannonia qui, pour la deuxième fois, était le partenaire des organisateurs d’un tel congrès. Sous la houlette de Jean-Marie Cauchies, il s’était déjà investi en 1980 dans celui de Comines organisé par la Société d’Histoire de Comines-Warneton et de la Région sous la direction de Jean-Marie Duvosquel.

                        Depuis 1980, des congrès ont lieu tous les quatre ans dans chacune des provinces de la Communauté française de Belgique. Après le Hainaut à Comines-Warneton en 1980, ce fut le tour du Brabant à Nivelles en 1984, de la province de Namur à Namur en 1988, de la province de Liège à Liège en 1992, du Luxembourg à Herbeumont en 1996 ; retour au Hainaut à Mons en 2000, puis au Brabant wallon à Ottignies-Louvain-la-Neuve en 2004. Namur est déjà prête à organiser la réunion de 2008. Chacun de ces sept congrès a rassemblé un maximum de six cents participants auxquels sont proposées au moins deux cents communications, programmées sur plusieurs journées et complétéés par des visites culturelles et des excursions. Même si les professionnels de l’histoire, de l’archéologie, de l’histoire de l’art, du folklore, des bibliothèques et des archives y font l’essentiel des exposés, les congrès n’en restent pas moins un lieu de rencontre privilégié entre les professionnels des institutions et autres organismes, qui d’ailleurs sont souvent des universitaires pour la plupart membres très actifs des cercles locaux, et les amateurs d’histoire locale qui continuent à former la majorité des membres des mêmes cercles. Les membres des cercles sont normalement tous des bénévoles. Ils se sont volontairement associés pour assouvir leur passion ou ils se sont affiliés à un cercle ancien et en perpétuent la tradition. Dans nombre de cercles, qui sont aussi les plus dynamiques, une petite partie de ces bénévoles associés est composée d’historiens de profession, chercheurs et professeurs des universités, en plus petit nombre, enseignants du secondaire et du primaire, tous issus de l’enseignement supérieur. Si leurs activités professionnelles le leur permettent, ils sont actifs au sein des sociétés comme administrateurs, organisateurs d’activités, éditeurs de travaux. A cette minorité agissante s’ajoutent quelques amateurs, autodidactes plus ou moins éclairés au rang desquels se trouvent nombre d’érudits, auteurs de grammaires ou de dictionnaires dialectaux. D’autres font œuvre d’historiens en mettant au jour des documents anciens ou récents, sans toujours faire tout le travail critique nécessaire, mais ils sont parfois capables d’apporter des contributions utiles, tout comme les généalogistes qui, bien qu’ils disposent d’associations spécifiques, sont également de plus en plus présents au niveau local. Cependant, la plupart des membres des sociétés d’histoire jouent un rôle passif. Certes, ils cotisent régulièrement et il faut les en remercier, mais ils viennent "à la carte" aux réunions : ce sont surtout des "consommateurs" d’activités, de publications. Bien qu’ils manifestent une forte sensibilité au passé de leurs lieux de vie pour des raisons qui leur appartiennent, leurs capacités d’intérêt sont souvent directement proportionnelles avec le niveau de leurs études ou de leurs professions. Tous restent friands de concret, peut-être plus encore d’images que d’objets, médiatisation oblige. Mais ces sociétés, depuis quand sont-elles actives et combien sont-elles ? À trois reprises, en 1973, 1982 et 1992 [7], le Crédit Communal de Belgique, devenu la Banque Dexia, a publié un répertoire des sociétés d’histoire et d’archéologie de Belgique à partir de la bibliothèque relative à l’histoire des communes belges que cette "banque des communes" s’est constituée depuis 1960 mais qu’elle a décidé de ne plus suivre régulièrement après 1999. La lecture des introductions de ces répertoires et d’autres textes [8] fournit un large panorama sur l’origine et l’évolution des sociétés historiques. L’intérêt pour l’histoire locale est fortement ancrée dans les traditions intellectuelles de la Belgique. Déjà au 17e siècle, elle suscite la rédaction d’ouvrages importants. Après 1830, dans le cadre du mouvement romantique et en appui de l’élan nationaliste qu’impose l’indépendance belge, à côté d’associations ayant des visées scientifiques générales du type des académies - telle la Société des sciences, des arts et des lettres du Hainaut, fondée en 1833, qui s’intéresse toujours aux sciences historiques, ou la Société des bibliophiles séant à Mons en 1835, toujours éditrice de textes anciens -, des sociétés plus spécifiquement centrées sur l’étude du passé local et régional voient le jour. La plus ancienne est la Société d’émulation de Bruges, fondée en 1839 et suivie en 1845 par la Société archéologique de Namur et la Société historique et littéraire de Tournai, en 1847 par l’Institut archéologique du Luxembourg. Les chefs-lieu de province et la plupart des villes importantes comptent au moins une société historique avant 1900. À cette première vingtaine d’associations s’est ajoutée une trentaine d’autres entre les deux guerres. Elles se sont ensuite multipliées peu avant 1960 et surtout à partir des années 1970. La fusion des communes au 1er janvier 1977 – la Belgique passe ce jour-là de 2.359 à 589 communes [9] – a renforcé ce phénomène en incitant de nombreuses personnes à s’intéresser à l’histoire de leur commune disparue suite à la fusion. Cette étude de la genèse et des mutations continuelles d’une communauté sous tous ses aspects est un chantier si vaste que le travail de groupe semble particulièrement indiqué, mais finalement rarement appliqué. Les cercles d’histoire offrent tant aux amateurs, au sens premier du terme, qu’aux chercheurs un cadre idéal dans lequel ils peuvent échanger leurs connaissances et leurs expériences, puis les transmettre au public selon des modalités qu’ils choisissent en rapport avec leurs moyens : publications, expositions, conférences, visites. Il ne fait pas de doute que les plus importantes des sociétés d’histoire locale, souvent celles issues d’un lieu de vieille urbanisation, participent aujourd’hui au mouvement de la science historique parce qu’elles maîtrisent une certaine connaissance, voire une connaissance certaine du terroir, au sens le plus large. Leurs membres sont capables, individuellement ou en groupe, d’en étudier l’histoire, le folklore, l’archéologie, la toponymie, la dialectologie, l’histoire des familles. Un des facteurs qui favorisent en Belgique le progrès de cette connaissance est sans aucun doute la structure que constitue le maillage plus ou moins serré des sociétés locales, d’autant plus que la collaboration reste constante entre le chercheur isolé et le monde universitaire, entre l’amateur et le professionnel, ce qui sans doute l’une des caractéristiques de l’historiographie belge du XXe siècle. Il est vrai qu’au fil du temps, les conceptions ont évolué. Au XIXe siècle, des sociétés se qualifiaient parfois d’historiques et littéraires qui ont évolué en rétrécissant leur champ d’action. Mais le plus souvent celui-ci s’est élargi : d’archéologique, c’est-à-dire aussi historique, il s’est ouvert à toutes les formes de connaissance du milieu, dans le passé et le présent. L’environnement, de la flore et de la faune jusqu’aux concepts actuels, n’en est pas absent, de même que le folklore qui, quand il a échappé au musée et au tourisme, a glissé vers les arts et traditions populaires. La seule approche archéologique ou "diplomatique" est bien loin : l’enquête orale est aujourd’hui une pratique courante. L’histoire locale est devenue totale dans les faits ; sans doute l’a-t-elle même été avant l’historiographie générale. Mais elle est devenue tellement large qu’après la Seconde Guerre mondiale est apparue une spécialisation des associations. La commune, la ville ou le village, l’esprit de clocher, avatar du nationalisme, n’est plus le seul point de ralliement. Les unes se concentrent sur l’archéologie d’un monument ou d’un site. D’autres s’occupent d’archéologie industrielle. Celles-là s’intéressent à la dialectologie, celles-ci à l’histoire de familles. Des bibliophiles ne cessent pas d’éditer des sources. Les amis d’un musée s’attachent au patrimoine local. Les défenseurs d’un château ou d’une entreprise l’étudient minutieusement. Les animateurs d’un centre culturel organisent des enquêtes ou recueillent des témoignages matériels pour en préparer l’édition. L’intérêt pour le terroir et la quête des racines vont croissants mais revêtent des formes de plus en plus diverses. Après cette genèse et ce dynamisme de ces sociétés, il y a lieu de tenter de les compter. Jean-Marie Duvosquel, à partir du répertoire de 1992, émet quelques considérations statistiques [10]. Bien qu’elles donnent un état de la situation avant la sortie de presse du répertoire, elles sont, à ma connaissance, les seules relatives à l’ensemble des cercles d’histoire locale de Belgique. Car jusqu’à présent malheureusement aucun organisme public ou privé n’est parvenu à tenir ces listes à jour. Les organisateurs de manifestations savent avec quelle rapidité un fichier d’adresse se révèle obsolète. La création en 1978 de l’Association des Cercles Francophones d’Histoire et d’Archéologie de Belgique devrait permettre de pallier à cette carence. Mais en raison de sa localisation à Namur au sein du Ministère de la Région wallonne, parce qu’on se méfie de tout organisme qui prétendrait représenter l’ensemble du milieu, encore plus quand il est logé au sein du pouvoir politique, son autorité est assez faible : elle ne parvient pas à se constituer un fichier complet des sociétés de la partie francophone du pays. L’absence d’un fichier tenu à jour est aussi la conséquence du fait que les congrès sont organisés indépendamment par une ou plusieurs sociétés locales qui s’associent momentanément pour la circonstance. Cela démontre les capacités de mobilisation et d’organisation, les relations que parviennent à faire jouer nos cercles d’histoire locale. Peut-être parce qu’ils sont beaucoup plus dépendants du Ministère de la Région wallonne avec lequel ils doivent maintenir le contact s’ils veulent pourvoir effectuer des fouilles, les archéologues sont mieux nantis. Dans le cadre d’une convention avec le Ministère de la Région wallonne (direction générale de l’aménagement du territoire, du logement et du patrimoine, division du patrimoine, direction des fouilles), l’association sans but lucratif Fédération des Archéologues de Wallonie, fondée en 1978, a publié en 1995 un répertoire des sociétés d’archéologie de la région wallonne [11]. La fédération s’efforce de tenir à jour cette liste qui est aussi celle de ses affiliés et de ses membres potentiels, mais aussi les partenaires naturels de la Région wallonne en matière de fouilles archéologiques. Sur la base des données publiées en 1992 par le Crédit Communal de Belgique, 571 cercles et sociétés considérés comme « historiques » ont vu le jour depuis 1835 en Belgique. Mais 83 ont disparu depuis, soit 15 % du total des créations entre 1835 et 1991. Il reste donc 488 associations en activité, 162 en Wallonie, 313 en Flandre, 13 à Bruxelles pour couvrir les 589 communes issues de la fusion des communes de 1977. En 1900, il n’y avait que 26 sociétés pour tout le pays. C’est que 80 % des 571 sociétés recensées ont été fondées après 1960. Mieux encore : 334, soit 58 %, ont vu le jour entre 1970 et 1989. Du point de vue hainuyer, les sept cercles d’avant 1900 forment déjà plus d’un quart de l’effectif à cette date : avec une unité de plus que la province de Liège, c’est le meilleur score du pays. Le Hainaut, avec 55 à 60 unités aujourd’hui – toutes ne sont pas affiliées au Centre Hannonia -, doit rassembler presque un tiers des sociétés d’histoire de Wallonie et de Bruxelles. Manifestement, la vie associative appliquée au sens large à l’histoire est un phénomène du 20e siècle, et surtout de son dernier tiers. En conclusion de son aperçu statistique, Jean-Marie Duvosquel s’interroge : « Pourquoi cet intérêt soudain et généralisé ? Reflet vraisemblablement d’une société en profonde mutation : au moment où l’homme atteint un univers de plus en plus vaste, il s’accroche au microcosme du terroir et, errant, va à la recherche de racines, les siennes ou celles de son village ». Sans doute y a-t-il encore bien d’autres explications à cet intérêt et à son maintien dans le temps. Voilà peut-être un beau sujet à exploiter… Quelles sont les activités des sociétés d’histoire ? Elles sont en général intimement liées à la communication des recherches, soit de ses membres, soit de personnes extérieures qui ont étudié l’un ou l’autre aspect entrant dans les buts de l’association. À côté des rares revues nationales spécialisées accumulant les retards de parution, les amateurs autant que les professionnels, chercheurs chevronnés ou jeunes universitaires, trouvent dans nombre de sociétés les moyens de publier leurs travaux, petits ou grands, dans des publications soignées et à parution régulière. Certes, tout cela est forcément inégal, de par la nature des sujets abordés, de par les manières de les exploiter. Certains cercles sont devenus de véritable académies. D’autres ne pratiquent que des recherches de seconde main. La dispersion des efforts et des énergies, le manque de rigueur dans l’enquête, l’absence de persévérance dans la recherche restent préjudiciables à l’image des sociétés locales. Cependant, il faut tenir compte que l’histoire locale est d’abord étudiée à l’usage des habitants des lieux concernés, que son traitement est fonction de la formation intellectuelle de ces habitants. L’historien de haut vol, s’il s’en donne la peine, tel un oiseau de proie, peut y trouver, sinon des éléments utiles, voire nécessaires aux vastes synthèses thématiques ou géographiques qui l’intéressent, ou au moins l’occasion d’étoffer, d’affiner son questionnaire. Parce que sans monographie et sans étude analytique, il n’y a pas de synthèse possible. Tous les cercles semblables se partagent les mêmes formes d’activités. Une description minutieuse de celles-ci occupe, par exemple, la chronique de la Société d’Histoire de Comines-Warneton et de la région que tient chaque année Jean-Marie Duvosquel [12]. Encore qu’il faille considérer les volumes de Mémoires publiés annuellement par l’association cominoise comme un cas très particulier dans le paysage associatif historique en Wallonie, avec ses 1.150 exemplaires, vendus aux particuliers, acquis ou échangés par des institutions et des organismes [13]. Pour rester dans ce qui me semble être la norme des cercles d’histoire en Belgique, en Wallonie ou en Hainaut, prenons les types d’activités auxquelles s’est adonnée la Société d’Histoire de Mouscron depuis 1978 [14]. Pour les membres du petit groupe d’érudits qui se réunissait pratiquement chaque mois les premières années, il s’agissait de se communiquer de façon informelle les résultats de leurs recherches de façon orale, éventuellement avec l’aide de documents et de projections de diapositives. Simultanément, s’est ajoutée l’audition de conférenciers extérieurs. Le rythme soutenu de ces exposés les premières années a épuisé les conférenciers et les sujets susceptibles d’intéresser le public local. Est aussi constatée une désaffection du public pour ce type de communication, surtout quand il n’existe pas d’ancrage local. Dès décembre 1979, le mode de communication qu’est l’exposition annuelle a drainé un certain public. Le succès est au rendez-vous pour autant que la manifestation soit centrée sur l’art, et particulièrement sur la peinture. Réalisée de concert avec Roubaix, la rétrospective Rémy Cogghe de 1985-1986 [15] est ainsi un grand succès. Quant aux expositions centrées sur des sujets relatifs à l’histoire, il faut que l’événement dépasse le point d’histoire ou entre dans la commémoration pour susciter plus qu’un intérêt poli. C’était le cas de l’exposition montée en 1980 par Robert Vandenberghe consacrée à l’échauffourée du Risquons-Tout en 1848 [16] qui entrait dans le cadre des festivités du 150e anniversaire de la Belgique. L’exposition « Plans manuscrits d’avant 1790 » [17] que j’ai montée en 1990 à la demande d’une banque d’affaires pour l’ouverture de sa nouvelle agence a aussi rencontré un public plus large et différent.

                        Le mariage d’une publication avec un événement plus concret apporte son lot de satisfaction : ainsi, la sortie de presse du tome VI des Mémoires de la Société d’Histoire publiant le mémoire de licence en histoire de Fabrice Maerten relatif à la Résistance à Mouscron pendant la Seconde Guerre mondiale en même temps qu’une exposition montée par les vétérans des groupements de résistance et les commémorations de la Libération [18]. Ou l’exposition relative à la vie musicale à Mouscron du 19e siècle à nos jours montée à l’automne 1987 sur la base du mémoire de licence en histoire de l’art et archéologie, section musicologie, de Véronique Van de Voorde, l’actuelle conservatrice du Musée de Folklore [19]. Mais partout, les cercles constatent que les publications thématiques ont plus de succès auprès du public que les traditionnels volumes d’articles annuels. Depuis 1984, des excursions d’un jour ont été organisées, une année en Belgique, l’autre en France. Là aussi, outre l’âge grandissant des membres de la première heure, la désaffection du public pour ce genre de tourisme, désormais beaucoup plus facile à organiser, mieux encadré, a mis fin à toute tentative après 1999. Si certains cercles comptent des archéologues professionnels et/ou amateurs chevronnés, ils doivent aussi être capables de faire passer un dossier auprès de la Région wallonne qui contrôle de près de tels chantiers. Mouscron ne dispose pas d’archéologue parmi ses membres. Pourtant, je suis convaincu que le sous-sol de notre ville, tout comme les localités du monde entier, recèle, sinon des trésors, au moins des substructions, des objets susceptibles d’éclairer un passé plus ou moins lointain. seule une politique communale réfléchie pourrait donner des résultats significatifs. en ce domaine, la prise de conscience des politiciens locaux est directement proportionnelle à l’intérêt de la population. Les publications mouscronnoises comportent à ce jour quatre séries. Un tome de Mémoires, en un ou deux fascicules ont paru chaque année de 1979 à 1997, soit dix-neuf tomes. Comme mode de publication des travaux des membres, la revue semestrielle, vite devenue annuelle, les remplace. Viennent ensuite trois publications extraordinaires. L’une est consacrée aux exposés sur la saboterie d’Evregnies et d’ailleurs présentés à Evregnies le 2 juillet 1988 [20]. La suivante publie les communications d’un colloque réalisé en commun avec la Société historique de Tourcoing et du pays de Ferrain sur la bataille de Tourcoing en 1794 [21]. La trosisième est la publication du mémoire de licence en histoire de Florence Vanderhaegen sur l’enseignement à Mouscron de 1842 à 1914 [22]. Il y a enfin des instruments de recherche à l’usage des généalogistes qui sont souvent des travaux des lecteurs des Archives de la Ville de Mouscron. S’y ajoutent d’autres publications multipliées par photocopie, comme la Toponymie de Mouscron de l’abbé Dendeau, un mémoire de licence en philologie romane datant de 1964 [23]. La prochaine publication sera consacré à la libération de Roubaix-Tourcoing et de la région entre la Lys et l’Escaut, de Comines à Pecq, par les troupes anglaises en octobre-novembre 1918.

                        Les activités développées par une société d’histoire sont naturellement fonction du terroir dans lequel elle s’inscrit. C’est vrai qu’il y a des localités où cela est certainement plus difficile qu’ailleurs, pour toutes sortes de raisons socio-économiques et sociologiques. Mais je pense avoir constaté que des problèmes identiques se posent à tous les cercles, notamment ceux du Hainaut que je connais mieux : baisse de la quantité et de la qualité des activités, vieillissement des membres, difficultés à maîtriser les nouveaux modes de communication, émergence de nouvelles façons d’aborder le passé local. Souvent, le maintien ou le dynamisme ne dépendent que d’un très (trop) petit nombre. Le constat final peut sembler amer. Pourtant, l’essentiel, il me semble, c’est de durer pour que les nouvelles générations, si l’envie leur vient, puissent reprendre, à leur manière, le flambeau de l’intérêt pour le passé local.

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                        Après les conférences, repas très réussi au restaurant « La Cloche »  suivi d’une visite de la ville de Mouscron, guidée par M. Depauw. 

La Maison picarde et ses faïences : Dans les locaux de la société coopérative ouvrière, « la Fraternelle » a été édifiée dans l’entre-deux-guerres une salle de bal (aujourd’hui salle de spectacles) dont les murs sont ornés  de faïences réalisées par la firme Helman – céramique d’art de Berchem-St-Agathe. Différents tableaux représentent « l’atelier de Jules Van Biesbroeck » (l’auteur des tableaux) ou « l’ouvrier accédant à l’art », « les forgerons » ou « travail et loisirs », « le retour à la ferme après la moissons, « la cloche sonne 5 heures. Endormis, ils se rendent à l’usine », « Scènes de travail aux champs » et « les muses », Pomone et Euterpe. 

L’église St-Barthélémy, monument gothique en brique et pierre des XV-XVIe siècles, qui abrite les monuments funéraires des famille de la Barre , Basta et de Liedekerke. Des orgues datant de 1766 ont été placés dans le chœur. On en ignore la provenance. Un poème a particulièrement retenu l’attention. 

L’hôtel de ville (extérieur). De style néogothique, il a été érigé entre 1888 et 1890. Sa façade allie la brique, la pierre blanche et bleue. 

Le château des comtes. La pluie et le mauvais temps ont un peu écourté la visite de ce bâtiment, vestige d’un château plus important et qui a beaucoup souffert de son abandon et de plusieurs incendies. Une campagne de restauration vient d’être lancée et, à terme, ce bâtiment retrouvera un peu de son lustre d’antan.

 Bibliographie

-          P. Leman, « La frontière linguistique, nouvelles propositions (Région Nord-Pas-de-Calais) », Actes du XIVe Congrès de l’UISPP, Epoque romaine, Liège, 2001, p. 29-31 (avec bibliographie antérieure)

-          P. Herbin et F. Loridant, « Mise en évidence d’une marche culturelle par le matériel figulin au Haut-Empire romain dans le Nord de la France, la vallée de la Deûle », Revue du Nord, n° 351, 2003, p. 527-549

-          D. Poulet, «  Les différences époques de la création des noms de lieux dans le Nord-Pas-de-Calais », Bien dire et bien aprandre n° 21, 2003, p. 347-358

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Prochaine réunion

Lundi 25 septembre à 15 h aux Archives du Nord

 

Conférence de Philippe Marchand et Bernard Lefebvre sur

"la presse du Nord sous la Révolution"

Etude sur quatre journaux.




[1]           Voir l’aperçu complet de ce qu’est le Centre Hannonia donné par son actuel secrétaire général L. Honnoré dans « Hannonia. Centre d’information et de contact des cercles d’histoire, d’archéologie et de folklore du Hainaut, 1974-2000 », Bulletin d’information trimestriel du Centre Hannonia. Centre d’information et de contact des cercles d’histoire, d’archéologie et de folklore du Hainaut, 25e année, n° 100, août 2000, pp. 2-6. Voir également le site www.hannonia.be.

[2]           Ces trois expositions ont donné lieu aux ouvrages de référence Les enceintes urbaines en Hainaut, Bruxelles, 1982, 294 p. ; Moulins en Hainaut, Bruxelles, 1987, 383 p. ; Hôtels de ville et maisons communales en Hainaut du moyen âge à nos jours, Bruxelles, 1995, 168 p. ; Hôtels de ville et maisons communales en Hainaut du moyen âge à nos jours. Monographies, Mouscron, 1995, 208 p.

[3]           Soit t. I et II : éd. J.-M. Cauchies et J.-M. Duvosquel, Recueil d'études d'histoire hainuyère offertes à Maurice-A. Arnould, 2 vol., Mons, 1983, 796+542 p. ; t. III et IV : coord. A. Jouret, Bibliographie de l'histoire du Hainaut (1951-1980), 2 vol., Mons, 1984, 981 p. ; t. V : M. Lesenne, Répertoire bibliographique des trouvailles archéologiques de la province de Hainaut de la préhistoire au VIIIe siècle. Arrondissements d'Ath, Mouscron et Tournai, Mons, 1985, 142 p. ; t VI : Y. Coutiez, Le gouvernement central et les communautés rurales hainuyères (1714-1794). étude d'histoire de l'administration, Mouscron, 1993, 605 p. ; t. VII : F. Maerten, Du murmure au grondement. La Résistance politique et idéologique, 3 vol., Mons, 1999, 1.176 p. ; t. VIII : A. Goosens, Le comte Lamoral d’Egmont (1522-1568). Les aléas du pouvoir de la haute noblesse à l’aube de la Révolte des Pays-Bas, Mons, 2003, 235 p. ; t. IX : s.dir. J.-M. Cauchies et F. Thomas, Chartes-lois en Hainaut (XIIe-XIVe siècle). Édition et traduction, Mons, 2005, 558 p.

[4]           Voir à la note précédente les tomes VI, VII et VIII.

[5]           Elle s’est constituée en association sans but lucratif à Namur le 28 août 1978 (Congrès de Comines. XLVe congrès de la Fédération des Cercles d’Archéologie et d’Histoire de Belgique. 1er congrès de Association des Cercles Francophones d’Histoire et d’Archéologie de Belgique. Actes, t. I, pp. 41-44 ; Congrès de Mons. 6e congrès … LIIIe congrès … 25, 26 et 27 août 2000. Actes, t. I, pp. 11-14).

[6]           Elle a tenu son premier congrès à Anvers en 1886 (Congrès de Comines, op.cit., t. I, 1980, pp. 27-33, avec la liste des congrès). L’association s’est dissoute le 17 mars 1989 pour redevenir une association de fait (Congrès de Namur. XLIXe congrès … 3e congrès … 18-21.VIII.1988. Actes, t. IV, 1991, p. 271). Depuis lors, elle n’a plus aucune activité. Mais les congrès de l’Association des Cercles Francophones d’Histoire et d’Archéologie de Belgique portent encore la numérotation des congrès de la Fédération, bien que son pendant flamand, la v.z.w. Federatie van Nederlandstalige Verenigingen voor Oudheidkunde en Geschiedenis van België (Programma. Tweede Kongres van de Federatie van Nederlandstalige Verenigingen voor Oudheidkunde en Geschiedenis van België. XLVIIIste Kongres van de Federatie van Kringen voor Oudheidkunde en Geschiedenis van België. Kortrijk, 21-24 augustus 1986, p. 3), n’a pas réuni de congrès au-delà du second tenu à Courtrai en 1986.

[7]           [M. Bruwier et M.-L. Loosveldt], « Répertoire des sociétés et revues locales et régionales d’histoire et d’archéologie », [Bruxelles], 1973, 39 p. (supplément au Bulletin trimestriel du Crédit Communal de Belgique [=BCC], n° 103, janvier 1973) ; [L. De Coninck], « Sociétés et revues locales et régionales d’histoire, d’archéologie et de folklore. Répertoire », [Bruxelles], 1982, 153 p. (supplément au BCC, n° 141, juillet 1982 ; Id., « Sociétés et revues locales et régionales d’histoire, d’archéologie et de folklore. Répertoire », BCC, 46e année, n° 181, 1992/3, pp. 9-128. Il faut y ajouter A. d’Haenens et C. Pinson, Les sociétés d’histoire et d’archéologie de la communauté Wallonie-Bruxelles, Namur, 1980, 108 p. (Les répertoires culturels du Centre d’action culturelle de la communauté d’expression française, 2, supplément aux Dossiers du CACEF, n° 78-79).

[8]           M.-T. Thielemans, « Les sociétés scientifiques » dans Histoire et historiens depuis 1830 en Belgique, Revue de l’Université de Bruxelles, 1981/1-2, pp. 217-231 ; J.-M. Duvosquel, « La mission des sociétés d’histoire et d’archéologie en Belgique dans le passé et aujourd’hui », Congrès de Nivelles. XLVIIe congrès … 2e congrès … 23-26 août 1984. Actes, t. II, pp. 5-9.

[9]           L. Malvoz et C. Verbist, « Une Belgique de 589 communes. Les fusions de communes vues sous l’angle de la géographie administrative » extrait du BCC, n° 115, janvier 1976, p. 3.

[10]         J.-M. Duvosquel, « Les sociétés d’histoire et d’archéologie en Belgique. Quelques considérations statistiques », BCC, 46e année, n° 181, 1992/3, pp. 3-8 ; C. Depauw, « Les cercles d’histoire : un genre à la mode ? Quelques statistiques », Bulletin d’information trimestriel du Centre Hannonia, 18e année, n° 69, janvier 1993, pp. 1-2.

[11]         J. Moulin, R. Gilissen et A. Jacqmin, « Répertoire des Sociétés d’Archéologie de la Région wallonne, 1995 », Chronique de l’Archéologie wallonne, hors série, Namur, 1995, 120 p. Il fait suite au Répertoire des Sociétés d’Archéologie de la Région wallonne, publié en 1990, et au Vade-mecum de l’Archéologie en Wallonie, édité en 1982.

[12]         La dernière livraison date de décembre 2005 : J.-M. Duvosquel, « La Société d’Histoire de Comines-Warneton et de la région en 2004-2005 », Mémoires de la Société d’Histoire de Comines-Warneton et de la Région, t. 35, 2005, pp. 5-18.

[13]         Voir J.-C. Walle, « Nos Mémoires à la lumière des statistiques », Mémoires de la Société d’Histoire de Comines-Warneton et de la Région, t. 31, 2001, pp. 305-312.

[14]         Retracé en partie dans C. Depauw, « Dix ans de publications et d’activités », Mémoires de la Société d’Histoire de Mouscron et de la Région [=MSHMR], t. XI, fasc. 2, 1989, pp. 9-14.

[15]         Voir le catalogue publié sous la direction de D. Schulmann, Rémy Cogghe (1854-1935). Catalogue de l’exposition. Roubaix - France du 16 novembre 1985 au 24 décembre 1985. Mouscron - Belgique du 10 janvier 1986 au 26 janvier 1986, Roubaix, 1985, 60 p.

[16]         Voir le catalogue succinct établi par R. Vandenberghe, Exposition historique "L’échauffourée du Risquons-Tout, 29 mars 1848", Mouscron, Hôtel de ville du 20 septembre au 5 octobre 1980, Mouscron, 1980, 12 p.

[17]         Voir le catalogue dû à C. Depauw, Exposition Plans manuscrits de Mouscron avant 1790, Mouscron, Crédit Général, 1990, 39 p.

[18]         F. Maerten, « La résistance dans la région mouscronnoise pendant la seconde guerre mondiale (mai 1940-septembre 1944) », MSHMR, t. VI, fasc. 1, 1984, 440 p.

[19]         V. Van de Voorde, « La vie musicale à Mouscron du 19e siècle à nos jours », MSHMR, t. XI, fasc. 1, 1989, 352 p.

[20]         P. Gillard éd., La saboterie de nos régions. Actes du colloque d’évregnies. 2 juillet 1988, Mouscron, 1990, 80 p.

[21]         C. Depauw éd., Actes du colloque d’histoire à l’occasion du bicentenaire de la bataille de Tourcoing 29 floréal an II – 18 mai 1794, Mouscron-Tourcoing, 1995, 269 p.

[22]         F. Vanderhaegen, L’enseignement maternel et primaire dans l’entité de Mouscron 1842-1914, Mouscron, 1998, 252 p.

[23]         A. Dendeau, Toponymie de Mouscron, Mouscron, 1996, XXI+237 p.