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aux Archives départementales du Nord
sous la présidence de M. Marchand
Présents : Melle Ch. Lesage, M. R. Berger, Mlle P. Bréemersch, Melle M. Mestayer, Mlle F. Bruno, M. B. Lefebvre, Mme TH. Lecroart, M. H. Platelle, M. A. Gérard, M. B. Schaeffer, Mme Y. Henel, M. L. Dque, M. F. Vanremortere, Mme M.-J. Lussien-Maisonneuve, M. A. Plateaux, M. R. Hanoune, Melle C. Biencourt, Mme M. Heddebaut, M. M. Wangheluwe, Melle M. Vasseur, Melle C. Herbert, M. A. Deleplanque, M. M. Delécaut, M. Gérard Janssen, M. F. Boniface, Mme M. Jeanson, M. M. Tomasek, M. J.-M. Goris, M. P. Odonne.
Excusés : M. J.-M. Duvosquel, M. J.-C. Hocquet, M. S. Dormard, M. R. Duée, M. E. Desplats, Mme Cuvelier, Mme Marécaille, M. J. Milot, M. S. Calonne, M. R. Galamé, Mme Bacquaert, M. Ch. Pfister, Mme C. Wallart, Mlle R. Cleyet-Michaud, Mme N. Malle-Grain, M. D. Terrier, M. J. Philippon.
Le Bureau et son président adressent leurs meilleurs vœux de bonheur et de santé à tous les membres de la Commission
Bernard Delmaire
La prostitution à Cambrai
Au XVe siècle
La désastreuse destruction des archives communales de Cambrai en 1918 peut être compensée, dans certains domaines, par l’apport des riches archives ecclésiastiques des chapitres et abbayes de la ville conservées aux Archives départementales du Nord ; c’est le cas pour l’histoire de la prostitution au bas Moyen Âge, même si ce sujet peut paraître incongru dans des archives de l’évêque, des moines et des chanoines cambrésiens.
Le fonds de l’officialité (sous-série 5 G), riche en documents modernes, est beaucoup plus pauvre pour la période antérieure, mais il conserve un document unique très curieux, un ancien rouleau de papier de 2 mètres de long que P. Piétresson de Saint-Aubin décrivit en 1968 dans le Répertoire numérique de la série G comme un « rôle incomplet de taxes dues par les « fillettes folians de leur corps » à Cambrai, classées par rues (XIVe siècle, papier) ». L’examen du document (5 G 19), qui sera édité, jette une vive lueur sur un sujet mal connu.
Le document
Le début du texte a disparu, ce qui nous prive peut-être de sa date et de son auteur. Il se compose dans son état actuel de trois listes assez différentes : d’abord 12 noms (dont une femme) payant chacun 5 sous cambrésiens ; puis une longue liste de 168 femmes, vivant parfois à deux, par rues, payant 10 sous (sauf quatre qui en payent 20), enfin une courte liste de 9 personnes (dont 3 femmes) payant 20 sous « pour tenir mauvais hôtel en de bonnes rues ». Le sous-titre mentionné dans le Répertoire s’applique à la deuxième de ces trois parties.
Le document ne peut être daté qu’indirectement ; l’écriture très cursive est du XVe siècle (le « XIV » de l’Inventaire est sans doute une coquille), le filigrane, une ancre, est bien attesté dans le Nord de la France et les Pays-Bas entre 1376 et 1484 d’après le grand Répertoire de Briquet, enfin un des personnages nommés, Pierart le Noir dit le Ployeur, a été retrouvé dans un acte de 1422. Le dépouillement en cours des milliers d’actes échevinaux cambrésiens des séries G et H, facilité par d’excellents inventaires sur fiches, permettra peut-être de dater avec plus de sûreté le texte que nous situerons provisoirement au début du XVe siècle.
Le document provient de l’officialité (tribunal de l’évêque), mais ce n’est pas pour autant une pièce de procès (la prostitution, pas plus qu’aujourd’hui, n’étant un délit) ; c’est une liste de taxes qui ne peut guère aller qu’à l’évêque, seigneur de la ville. Il faut rappeler que l’évêque impérial de Cambrai était aussi comte d’Empire depuis le début du XIe siècle ; à Cambrai l’official ne jugeait pas seulement les clercs (et les laïcs pour certains types de délits relevant du droit canonique), mais il était aussi juge civil dans l’archidiaconé de Cambrai. Il s’agit donc d’une taxe seigneuriale payée par une certaine catégorie de la population ; l’évêque de Francfort en percevait une semblable.
Les prostituées de CambraiOn peut poser au document quelques questions simples : combien ? Où ? Qui ? Comment ? Pourquoi ?
Le texte énumère et nomme 168 « fillettes », dont 4 dames (patronnes) d’étuves.
Les femmes sont localisées en 41 lieux (rues et places surtout) dont 4 étuves, de la ville ; il est possible de cartographier la prostitution cambrésienne sur le plan dressé récemment par l’archéologue W. Bown dans son mémoire de D.E.A. de 2001 (L’apport des archives à l’archéologie de Cambrai, XIIIe-XVe siècle). L’auteur du document part de l’est sud-est et fait le tour le la ville dans le sens des aiguilles d’une montre :
La prostitution n’est pas concentrée dans un seul quartier, elle est diffuse, mais avec de nettes différences de densité. Le sud (vers Saint-Géry) attire beaucoup moins que le nord, c’est-à-dire le quartier de l’Escaut et du Petit-Escaut, là où sont les étuves, évidemment installées sur l’eau, qui groupe en tout 60 % des prostituées. Si le centre semble relativement épargné, ce n’est peut-être qu’une impression trompeuse à en juger par la fin du texte qui permet à 9 personnes de tenir des « mauvais hôtels » dans les « bonnes rues » qui sont sans doute ces rues du centre, vers la cathédrale et la place du marché.
Sur ces 168 femmes, 25 (15 %) sont des mesquines (servantes), 41 (près de 25 %) sont liées de façon ou d’autre à quatre étuves ou bains publics, 102 (plus de 60 %) semblent ne vivre que de cette activité. Parmi elles, les dames d’étuves, doublement taxées, tiennent le haut du pavé, mais une seule se prostitue. Une trentaine sont anonymes, 21 sont connues par leur seul prénom, 20 par le seul surnom, 8 par le prénom et un sobriquet, une centaine porte le nom double classique, comme aujourd’hui.
L’étude de ces noms ne nous renseigne guère sur l’origine de ces femmes. Les noms de famille du type de Beaumetz, le Tournisenne ne prouvent pas à coup sûr que celles qui les portent viennent de Beaumetz ou de Tournai, mais on note quelques noms cambrésiens (Borgnet, du Cavech, Poiret, Cordelois). La popularité de telle ou telle se devine à des surnoms familiers (le Moineresse, le Danseresse, le Bocheuse) voire paillards (Courte fesse, l’Épée à deux mains) et surtout à l’abondance des diminutifs de prénoms : les nombreuses Jehenne deviennent Jehenette, Henette. Rien qui permette une étude sociologique.
Il est difficile de savoir si les lieux du texte sont des lieux d’habitation ou de prostitution…ou les deux. Pour les femmes d’étuve, c’est probablement le lieu d’activité, mais les autres ? Nous avons sans doute ici une prostitution éparpillée en « chambres » ou en « bordels » (petites bordes ou cabanes), sauf dans les quatre étuves (le quart seulement des étuves connues) avec une dizaine de personnes chacune : les étuves au Glay, au Paon, aux Creveches et des Cariots ; quant aux « mauvais hôtels », dont plusieurs sont en effet désignés par leur enseigne (les Maillets, l’Épée…), ils ne logent pas de filles, mais sans doute accueillent-ils les femmes dispersées dans la ville, y compris les mesquines logeant chez leur maître.
Reste un point sur lequel le texte n’apporte aucun renseignement : pourquoi tant de prostituées, même occasionnelles, à Cambrai ? Nous ignorons malheureusement le chiffre de la population de la ville. L’auteur d’un livre récent sur la prostitution à Bruges a recensé 170 prostituées dans cette ville vers 1430, non grâce à une liste comme celle-ci, mais en additionnant les noms glanés dans tous les documents, mais il serait fort imprudent d’en déduire que Cambrai égalait Bruges, la plus grande place marchande d’Occident à cette époque. Comme toutes les villes, Cambrai devait avoir un fort contingent de jeunes célibataires, écoliers et travailleurs du textile (la mulquinerie ou fabrication des toiles fines est bien attestée), mais le manque d’études approfondies sur la société cambrésienne ne nous permet pas d’aller bien loin.
L’originalité du cas cambrésienQuelques études récentes sur le sud-est de la France (J. Rossiaud), le Languedoc (L. Otis), l’Angleterre (R. Karras) l’Allemagne (P. Schuster), Bruges (G. Dupont) ont montré que l’Europe de ce temps connaissait deux façons d’organiser et de contrôler la prostitution, celle du Nord et celle du Midi. Dans les pays du Midi (et une partie de l’Allemagne), de loin les mieux connus, les villes ont choisi, pour des raisons d’ordre public, d’organiser elles-mêmes, et à leur profit, la prostitution en prostibula ou bordels municipaux. Mais dans la moitié nord de la France, les Pays-Bas, l’Angleterre, les autorités n’ont pas organisé la prostitution, même si elles la taxaient parfois ; c’est une activité libre qui se fait en « chambres », en maisons, en hôtels et en étuves, du moins dans certaines étuves ; il existe parfois des rues, des quartiers spécialisés (le Barlet à Douai), mais pas de vraie entreprise municipale. Cambrai rentre bien dans ce type septentrional. L’abondance des prostituées vers l’Escaut rappelle un peu le relatif groupement douaisien vers le Barlet, mais la dispersion dans la ville rappelle plutôt Bruges, à cette différence près que le centre de Bruges attirait une bonne part de ces dames qui étaient une attraction très appréciée des nombreux marchands étrangers qui s’y pressaient.
Reste le document, dont on n’a trouvé nulle part l’équivalent : il est totalement atypique, du moins dans l’état actuel des dépouillements d’archives en Europe occidentale.
Au terme de l’exposé de l’orateur vivement applaudi, une longue discussion s’engage. Mlle Mestayer intervient pour évoquer le cas douaisien. Elle rappelle qu’il existait à Douai plusieurs types d’étuves : les étuves pour hommes, les étuves pour femmes et les étuves à public mélangé. Des règlements en précisent le fonctionnement. Le roi des ribauds tient la table de jeu et perçoit des taxes sur l’ensemble des filles. Les couples trouvés « gisant hors heure » dans les étuves sont frappés d’une amende par le Magistrat. On a ainsi le nom des filles et de leurs clients. Mlle Mestayer se demande si le document présenté par B. Delmaire ne serait pas une liste d’amendes. B. Delmaire répond qu’à son avis pour qu’il y ait amende il faut qu’il y ait délit. Rien n’indique ici l’existence de délits.
M. Berger intervient à son tour, d’abord pour esquisser une comparaison avec Arras, ville pour laquelle on a une liste des maisons de prostitution pour 1382. On peut donc compter les étuves dont beaucoup sont localisées le long du Crinchon. M. Berger rappelle aussi que des bans échevinaux de la fin du XIVe siècle recommandent aux habitants de s’abstenir de fréquenter les bordels parce que cette habitude entraîne la rupture des ménages. Dans le cas d’Aire-sur- la Lys, comme à Arras et à Douai (Melle Mestayer), la prostitution trouve refuge en périphérie de la ville, le long des remparts. B. Delmaire fait remarquer que ce n’est pas tout à fait le cas à Cambrai.
Mme Marécaille rappelle que d’Artagnan, à Arras, se soigne dans « les bonnes maisons ».
Enfin M. M. Delgrange et Boniface signalent qu’Émile Théodore a publié en son temps quatre sceaux de « filles folliettes ».
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Catalogue
de l’exposition présentée aux Archives départementales du Nord.
La première
partie rassemble douze contributions scientifiques :
-
VANDENBUSCCHE (Robert), La loi de Séparation
des Églises et de l’État
-
MARCHAND (Philippe), La loi sur les
associations (1er juillet 1901) et l’enseignement congréganiste dans
le Nord
-
VANDENBUSSCHE (Robert), Maxime Lecomte,
rapporteur du Sénat
-
VANDENBUSSCHE (Robert), L’abbé Lemire
-
MORFOUACE (Daniel), Les francs-maçons et
la Séparation des Églises et de l’État dans le Nord
-
DELMAIRE (Danielle), Les communautés
juives du Nord en 1905
-
DELMAIRE (Danièle), Les inventaires dans
le Nord, 1906
-
VIENNE (Frédéric), Les effets de la loi
de Séparation sur la création des paroisses. L’exemple du diocèse de Lille
-
WESTEEL Isabelle, La Séparation des
Églises et de l’État et les bibliothèques
-
MACHELART (Félicien), Le devenir des
bâtiments diocésains confisqués en 1906
-
BIENCOURT-HERMANT (Caroline), Pour une
étude sur la Loi de Séparation à travers des fonds méconnus des Archives
diocésaines de Cambrai
La seconde partie est le catalogue raisonné de
l’exposition. Répartis en cinq séquences précédées d’une introduction qui donne
le contexte général, les documents montrent la genèse de la loi dans le
département du Nord, évoquent les positions des partisans et des adversaires de
la laïcité, retracent les affrontements qui ont précédé et suivi la
Séparation.
On notera la grande diversité des documents retenus
pour l’exposition et la qualité de leur reproduction qui rend la lecture de ce
catalogue fort agréable.
La dernière histoire générale de Saint-Pol-sur Ternoise datait de 1834. Sous la direction de Bruno Béthouart, un collectif d’auteurs –dix au total dont B. Delmaire- a entrepris de retracer en suivant la chronologie une histoire totale de cette « petite ville originale ». Cet ouvrage est une ontribution importante pour notre connaissance des villes du nord de la France.
- ANSAR (Patrick), «Nos chapelles ont bonne
presse »
- PATALA (Irène),
« Carvin-Epinoy »
- PATALA (Irène),
« Lillers-Hurionville »
- DECHERF (Jean-Louis),
« Steenwerck »
- PATALAS (Irène) et
ANSAR (Patrick), « Les grottes de Lourdes »
- Pierre LEMAN,
« Chapelle de Tressin »
Le Centre Hannonia fédère une cinquantaine de sociétés locales d’histoire, d’archéologie et de folklore du Hainaut. Dans son bulletin, organe de liaison entre toutes les sociétés membres, on notera une recension de leurs travaux publiés pendant l’année 2005 (bibliographie arrêtée au 15 novembre 2005). Suivent des informations sur plusieurs sociétés : activités, publications. Ce bulletin d’information constitue un précieux instrument de travail.
NORTIER
(Gérard), « Comment Cambrai, terre de langue romane a été sous la
dépendance d’un empire de langue franque »
BOONE (Henri),
« Anciens remèdes »
L’exposition
est ouverte du mardi au dimanche de 13h à 18h. Fermeture hebdomadaire le lundi.
L’exposition
qui se tient jusqu’au 30 avril 2006 rassemble une centaine de photographies
réalisées à l’aube du XXe siècle par Charles Cuvellier, pharmacien
dunkerquois. Arpentant les rues de sa ville, Cuvellier a saisi les hommes et
les femmes au travail ou au repos. Il a su aussi fixer les grands évènements
rythmant la vie de la cité et ses transformations.
9 quai de la Citadelle 59140
Dunkerque
Nicolas
Vernot, Université de Cergy-Pontoise, UFR de Lettres et Sciences
Humaines,
Département de Géographie et d’Histoire, 33
boulevard du
Port, 95011
Cergy-Pontoise Cedex. Tél./ 01 39 74 76 80
Courriel :
vernot.nicolas@wanadoo.fr
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La Commission Historique du Nord a appris le décès de Pierre PIERRARD, jeudi 8 décembre 2005. Né à Roubaix en 1920, professeur d’histoire à l’Institut catholique de Paris et à l’École supérieure de journalisme de Lille, Pierre Pierrard s’était fait connaître en 1965 par sa thèse de doctorat La vie ouvrière à Lille sous le Second Empire. Il s’impose alors comme un des grands historiens du Nord avec un ensemble d’ouvrages sur Lille, sur la région. Il s’intéresse en particulier aux débuts de l’industrialisation et à ses conséquences sur les populations ouvrières du Nord. Mais Pierre Pierrard n’était pas qu’un historien de notre région. Chrétien engagé, il s’est attaché à l’étude des relations du monde ouvrier avec l’Église (L’Église et les ouvriers en France, 1984). Il milita pour l’amitié judéo-chrétienne et fut, jusqu’au terme de son existence, soucieux de témoigner en faveur des humbles auxquels il avait consacré son dernier livre, Les Pauvres et leur histoire.
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Pierre Pierrard était entré à la Commission Historique du Nord en 1979.
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Melles Cleyet-Michaud, Marine Vasseur, MM Michel
Vangheluwe et Hervé Passot au stand de la Commission


Le stand de la Commission
Présents : Claudine Wallart, Christiane Lesage,
Bernard Schaeffer, Pierre Leman, Philippe Marchand, Frédéric Loridant