COMMUNICATION
DU 21 DECEMBRE 1998
de M. le
chanoine Platelle
« Mirabilia
de l’histoire de Valenciennes (XIIe-XVIIIe s)
ou
de la signification des faits divers »
La communication que nous
présente M. le Chanoine Platelle a
été publiée dans les
Mélanges
offerts à
Monique Mestayer. Le sujet lui en a été fourni par
une réflexion suscitée
par une exposition sur « Le fait divers » qui
s’est tenue en 1982 à
Paris, au Musée des Arts et Traditions Populaires.
Le fait divers est un
reflet de la psychologie populaire. Un
certain nombre d’éléments permettent de le cerner.
C’est un événement limite,
insolite, provocant. C’est un fait qui n’aurait pas
dû se produire dans un
monde bien ordonné. M. Platelle applique cette grille de lecture
aux chroniques
des Pays-Bas, et spécialement aux sources
valencien-noises : Louis de La
Fontaine dit Wicart (+ 1587), Henri
d’Outreman (+ 1605), Simon Le Boucq (+ 1657). Dans les
histoires
anecdotiques qu’ils relatent, le plus important c’est
l’interprétation qu’ils
donnent d’un récit historique. M. Platelle décrypte
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mirabilia
valenciennois.
M.
Platelle accompagna son exposé de la projection d’une
douzaine de diapositives,
représentant particulièrement le lit de justice du comte
Guillaume Le Bon.
Ces
épisodes plaisants et extrêmes et dont le mécanisme
fut si brillamment démontré
par M. Platelle entraîna parmi les nombreux membres de la
Commission présents à
cette séance une fort intéressante discussion.
M.
le Dr. Gérard produisit une reproduction de l’affiche du
« miracle
révolutionnaire » annonçant la décision
d’attribuer 400 livres à la mère
de l’enfant et rappela qu’à la même
époque il y eut un autre
« miracle » : l’exhumation du corps intact
de Jean Le Vasseur à
Lille. M. Défossez revint sur le thème de la vache et du
comte Guillaume Le Bon
pour rappeler que le souverain même s’il est entouré
de conseillers est le juge
en dernier ressort, principe tellement cher aux justiciables et aux
gouvernants
que l’exercice de la justice retenue a existé en France
jusqu’en 1873 (les
décisions de justice pouvaient être remises en cause
directement par le
ministère).
M.
Berger note que dans les enquêtes judiciaires qu’il a
longuement compulsées, il
n’a pu trouver aucun fait exceptionnel comme les Mirabilia. Une
discussion s’en
suivit entre M. Berger et M. Platelle pour savoir si les Mirabilia
sont des faits divers mis en forme exceptionnelle par des
érudits qui forment ainsi les mentalités ou si ce sont
des faits qui trouvent
un écho dans un profond sentiments populaire que les
chroniqueurs rapportent.
Le
Dr. Gérard conclut ce riche débat en comparant les
Mirabilia du Moyen-Age aux
« canards » du XIXe
siècle.