COMMUNICATION DU 30 AVRIL 2001
 
de M. JANSSEN
 
1. « L’origine d’une maison lilloise du XVIe siècle révélée par l’héraldique »

 
Cette maison située au 63-65 rue de la Barre a pu être datée du XVIe siècle grâce au recoupement entre les résultats des recherches menées dans les archives et les enseignements apportés par les éléments héraldiques. On peut voir dans la maison 2 poutres armoriées, l’une portant la date de 1595 et des armes masculines, l’autre portant des armes féminines fort effacées. Grâce au relevé des armoiries et à l’interprétation de leurs éléments, dont il ne restait quelquefois que des soupçons d’interprétation, M. Janssen a pu attribuer les armes masculines à la famille du Bosquiel et plus précisément aux descendants de Hughes du Bosquiel (reçu bourgeois de Lille en 1510) et de Marie de La Lacherie. Les armes féminines sont celles de Marie de Rebreviette, épouse de Jean du Bosquiel (+ 1599). 
 
2. « La disparition d’une verrière armoriée lilloise »
 
Au 65-67 rue Esquermoise, M. Janssen a pu photographier dans une maison (anciennement Spriet) en cours de rénovation, une verrière hélas en cours de démontage. Cette verrière formait la clôture d’une salle de billard donnant sur un patio intérieur. Les murs de la salle étaient par ailleurs tendus d’une toile peinte d’armoiries de ville délavées. La verrière portait des écus d’une taille comprise entre 20,5 à 24,50 cm de largeur, et 31 à 36 cm de hauteur ; les écus étaient ordonnés sur 3 registres ; ceux de la partie médiane étaient couronnés de façon fantaisiste. 

M. Janssen a pu identifier devant la Commission historique les armes d’au moins une trentaine de familles, et a souligné deux caractéristiques : les armoiries contiennent fréquemment des éléments fantaisistes ou erronés, ce qui est typique du XIXe siècle romantique ; ce sont dans la plupart des cas des armes d’Empire quoique les éléments rappelant l’Empire avaient été supprimés (par exemple le franc-quartier des comtes d’Empire). 

Voici la liste non -exhaustive des blasons que M. Janssen a identifié grâce à ses prises de vue : armes du Dauphin de France, de Henri III de Navarre (futur Henri IV de France), d’Armand de Caulaincourt (duc de Vicence sous Napoléon Ier), de la famille Sweerts van der Erts, d’Honoré Reille (comte d’Empire en 1801, maréchal sous Louis-Philippe, sénateur sous Napoléon III), de Stanislas de Girardin (député de l’Oise puis préfet), de la famille des comtes d’Hulst et du Saint-Empire (devenus comtes de Mouscron, leurs armes ont été relevées fin XVIIe s. par les femmes), de François-Joseph Durut (baron militaire d’Empire), de Nicolas Régnier, comte de Groslan (auditeur au Conseil d’Etat, époux de Anne-Charlotte Mac Donald), d’Alexandre Doria (baron d’Empire en 1810), de Jean-Thomas de Casanova (duc de Padoue en 1808), de Henri Katzhausen (comte d’Empire en 1811), de Pierre Bodelin (aide de camp fait baron d’Empire), de Joseph Julien (conseiller d’Etat fait comte en 1810), de Charles-Ambroise Régnier (duc de Massa en 1809), de Joseph Richard (député de la Sarthe, préfet, baron en 1810), de César de la Ville de Villastellone (écuyer de la reine Hortense), de Guillaume O’Meara (baron militaire d’Empire), de Jean-François Dejean (comte en 1808), des familles Dion, Montmorency, Croisilles, Outters, Lepoivre, Van Hurne, L’Epinoy. 

Pour conclure M. Janssen a précisé que la verrière pourrait être datée de la décennie 1895-1905 mais que de nombreux éléments restaient encore dans l’ombre (constructeur de la verrière, devenir de celle-ci). 

M. Janssen a été chaudement félicité par M. Marchand, président de la Commission Historique et par les membres présents. Une discussion fort animée s’en suivit, à laquelle prirent part Mme Jeanson, MM. Platelle, Boniface, Gérard, Plateaux, Marchand.